Le monde de la musique, et plus particulièrement du metal, me dégoûte de plus en plus chaque année (ATTENTION : je parle des "tribus", pas de la musique en elle-même)
Je sais pas. Je suis rentré dans le metal assez jeune (14/15 ans). J'adorais à l'époque cette tribu, cette sorte de je-m'en-foutiste, de ne pas se limiter à l'aspect superficiel des choses, de ne pas juger une personne sur tel ou tel look. Un peu comme le punk, d'ailleurs. Le côté "je fais ce que je veux, et si ça ne vous plais pas, je vous emmerde".
J'adorais par exemple le metal pour ça. Ce style qui englobait autant du "rap-metal" à la RAGE AGAINST THE MACHINE au "trve-nihiliste-black metal" à la vieux DARKTHRONE, en passant par le vieux heavy à papa à la IRON MAIDEN, le reggae-metal à la DUBWAR, le metal "bip bip" à la CUBANATE, le death metal gore à la CANNIBAL CORPSE, le "thrash - encore plus véloce que le punk" à la old KREATOR, le "sataaaaaaaaaaaan... merderais de me filer ton joint wé John Zorn black metal powa" à la SIGH, et j'en passe et des meilleurs... bref de multiples sous-genres et de sous-sous-genres à n'en plus finir, une diversité de styles où tout le monde se rejoint finalement. Les mags généralistes de l'époque en tous cas me faisaient penser cela. Parler autant de SILVERCHAIR que de la réédition d'un ancien BEHERIT.
Et puis j'ai eu internet. Et de plus en plus, j'ai remarqué que le metalleux n'est, en partie, qu'un troupeau composé de moutons. Un troupeau qui fait un caca nerveux quand M(erde) 6 fait un reportage de pseudo-investigation sur le metal, alors que la plus grande majorité (surtout des trve-BMeux) passe son temps à conspuer ce qui est en dehors de ses goûts respectueux (et tout ce qui sort de son délire trveisme).
Pire encore, pour certains, il ne faut pas écouter tel ou tel groupe ou artiste, car c'est pas trve donc c'est pas bon pour leur intégrité. Intégrité ? Mais quelle invention de merde, ce mot ! Depuis quand écoute-t-on de la musique pour son intégrité-donc pour ne pas subir les moqueries des autres-donc pour les autres et pas pour soi ?
Après, il y a le mot "commercial" qui revient souvient dans les conversations. Mais chaque album, chaque démo que les clients potentiels doivent payer pour acquérir est commercial, que ce soit le groupe de metaljumpcore à la mode ou le plus underground des groupes de grind radical. Ce qui est une démarche logique et normale. Alors ok, il y a des trucs plus commerciaux que d'autres voire carrément commercial, c'est-à-dire faire un produit juste dans le le but de le vendre. Je suis même l'un des premiers à cracher sur la Star Ac' et Cie, traitant ce genre d'artistes de commerciaux et de tous les noms. Mais quand j'entends par exemple "ouais y'a machin de CORONER qui joue avec Stéphane Eicher, ouais vendu commercial, gna gna gna", je suis partagé entre le fou rire et l'accablement.
Dernier truc à la mode. Autant je n'apprécie vraiment pas les groupes emocore, autant la plupart des critiques sur ces groupes concernent le look des musiciens. Putain, mais qu'est-ce qu'on s'en fout si le chanteur de machin chose est un beau gosse à mèches, que le guitariste est habillé en rose fuschia, que le batteur porte des baskets Adidas et que donc c'est pas metal, que le bassiste a une amie d'un ami de son grand père de son chien de sa mère de son fils de son cousin germain qui, quand il était petit, a fait de la figuration pour un spectacle de Chantal Goya alors c'est pas trve etc etc etc. On écoute de la musique pour la musique avant tout. Si on veut juger sur le look, autant aller voir les défilés de mode...
Enfin voilà. C'est drôle, mais le "clan" du metal le plus cool pour moi, en tous cas qui correspond le plus à mes attentes de jeunesse, c'est le public death metal. Peut-être l'une des franges les plus brutales et extrêmes musicalement, mais où la plupart ne te juge pas (voire s'en foute complètement) si tu aimes le premier album de KORN, si tu écoutes un groupe dont le chanteur se promène avec une plume dans le cul, si machin de - mettre ici un groupe de death metal - a joué avec Loana en tant que batteur, etc.
C'est paradoxal, mais l'un des groupes qui a contribué malgré eux à inventer ce mode de pensée unique dans le metal est DARKTHRONE. Leur dernier album pourtant a excité pas mal de true-black metalleux. En effet, contrairement à leur true-black metal de d'habitude, le dernier album est un album... de punk avec, pour nom, "Fuck Off And Die". Un grand doigt d'honneur au mouvement sans se soucier du qu'en-dira-t-on... Bien sûr, les trve black metalleux n'ont pas manqué d'insulté copieusement le groupe (wai pas intègre, la honte du metal gna gna gna)... Comprendra qui pourra...
Bien sûr, ce genre de metalleux trveistes n'est pas la majorité des metalleux, et fort heureusement. Comparé aux metalleux cools d'ailleurs, il y en a peu. Mais comme partout, les trveistes sont ceux qui se font le plus remarquer. La cause est-elle imputée à Internet d'ailleurs ? Dans les années 90, trouvait-on pareilles contradictions ? Même si les trves étaient présents voire même encore plus radicaux (la "fameuse" secte Inner Circle par exemple), j'ai l'impression qu'ils étaient moins nombreux. Je peux me tromper (depuis qu'internet existe, tout le monde peut dire ce qu'il pense donc on peut considérer que les trves ne sont plus cachés maintenant, mais avant Internet, à part les samplers dans les magazines, les numéros de téléphone surtaxés d'Adipocere ou de Hard Rock Magazine pour écouter des extraits de nouveautés metal, le tape-trading, etc. on avait quand même plus de mal pour écouter de la musique avant d'acheter. Les vrais passionnés pourtant (et aussi ceux qui en avaient ou se donnaient les moyens) sont restés, n'hésitant pas à acheter un album d'un groupe qui leur est inconnu en se basant sur la simple vue d'une pochette d'album qui leur plaisaient, les chroniques de fanzines/magazines spécialisés, bref souvent carrément au pif.
Désolé pour ce message super aigri, je ne vise vraiment personne en particulier. C'est juste une humble et modeste réflexion sur un milieu que j'adorais et que j'adore toujours, même si ses à-côtés me gonflent. Comme on le dit : "qui aime bien châtie bien".
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